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Vous cherchez une idée de cadeau pour la Fête des Mères ? Soutenez l’égalité des droits à la nationalité pour les mères, au service du bien-être des familles Africaines

Déclaration conjointe de la Campagne mondiale pour l’égalité des droits en matière de nationalité (GCENR), d’Equality Now, de l’Alliance mondiale pour mettre fin à l’apatridie, de l’Union Interparlementaire, de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et d’ONU Femmes.

Nairobi, Kenya, 7 mai 2026 : À l’occasion de la Fête des Mères, les pays du continent Africain célèbrent les mères et l’importance de la vie familiale. Pourtant, alors même que nous rendons hommage à la maternité et au rôle essentiel des familles, sept pays Africains figurent encore parmi les 24 pays dans le monde dont les lois sur la nationalité refusent aux femmes le droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants sur un pied d’égalité avec les hommes. En outre, les lois sur la nationalité dans près de 40 % des pays Africains n’accordent pas aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes pour transmettre leur nationalité à un conjoint non ressortissant.

Les lois discriminatoires en matière de nationalité portent atteinte à l’égalité de citoyenneté des femmes Africaines, entraînent de nombreuses violations des droits humains et difficultés, constituent une cause majeure d’apatridie, contribuent aux violences fondées sur le genre, y compris le mariage des enfants et la traite des êtres humains, et freinent le développement durable. Les enfants privés de la nationalité de leur mère rencontrent des obstacles dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux services sociaux, à l’emploi à l’âge adulte, aux droits de propriété et même à l’unité familiale. Certains deviennent apatrides, n’étant reconnus comme citoyens d’aucun pays.

La Campagne mondiale pour l’égalité des droits en matière de nationalité (GCENR), une coalition d’organisations nationales et internationales engagées pour mettre fin à la discrimination fondée sur le genre dans les lois sur la nationalité, avec ses partenaires Equality Now, l’Alliance mondiale pour mettre fin à l’apatridie, l’Union interparlementaire, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et ONU Femmes, afin d’organiser la Rencontre multipartite Africaine pour parvenir à l’égalité de genre dans les lois sur la nationalité, dans le but d’accélérer les actions visant à réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes dans les lois sur la nationalité à travers le continent.

L’égalité des droits à la nationalité n’est pas seulement une obligation juridique : elle est fondamentale pour la dignité humaine et la protection des familles. Lorsque les femmes sont privées du droit égal de transmettre leur nationalité, les conséquences sont profondes : les enfants risquent l’apatridie et les familles sont confrontées à la séparation et aux difficultés.

« Les lois discriminatoires en matière de nationalité perpétuent l’exclusion de génération en génération. Mais au HCR, nous savons que le changement est à portée de main. En travaillant ensemble avec les États, la société civile et les partenaires internationaux, nous pouvons mettre fin à cette injustice, garantir à chaque enfant le droit à une nationalité et bâtir des sociétés plus inclusives et résilientes pour toutes et tous. »
– Ruvendrini Menikdiwela, Haute-Commissaire assistante pour les réfugiés, HCR

«Mes enfants, nés de mon corps, élevés avec mon amour, bercés par mes histoires de notre terre natale, étaient considérés comme des étrangers chez eux. Soudain, notre foyer était divisé en deux : d’un côté, la mère citoyenne ; de l’autre,les enfants apatrides de fait.Ce n’était pas seulement un problème administratif. C’était une blessure intime.… Je me sentais moins citoyenne que mon père, que mes frères. La loi me renvoyait l’image d’une femme de seconde zone, incapable de protéger sa propre progéniture…

Lorsque le Président a promulgué la réforme, quelque chose de magique s’est produit en moi. Ce n’était pas simplement une nouvelle règle dans un code. C’était une reconnaissance… Pour la première fois, l’État me regardait dans les yeux et me disait : “Tu es une citoyenne à part entière. Ta place dans la nation est aussi légitime que celle d’un homme. Ton lien avec ton enfant est aussi sacré et reconnu que celui du père.”»
Clarisse Nirinasoa Hamed, mère Malgache affectée

Un nouvel élan pour des lois sur la nationalité garantissant l’égalité de citoyenneté des femmes

Nous avons constaté la volonté des gouvernements africains, des parlementaires et de la société civile de faire face à ce problème créé par l’homme, qui freine les pays dans leur développement. Le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux aspects spécifiques du droit à une nationalité et à l’éradication de l’apatridie en Afrique fournit un cadre juridique et politique clair pour les réformes et ancre fermement l’impératif de mettre fin à la discrimination fondée sur le genre dans les lois sur la nationalité au sein même du système africain des droits humains.

Anna Mutavati, Directrice régionale pour l’Afrique de l’Est et Australe à ONU Femmes, explique : « La discrimination fondée sur le genre dans les lois sur la nationalité est avant tout une question d’égalité de genre. Nous appelons donc tous les États membres à incarner le principe d’égalité de genre conformément à la CEDAW et au nouveau Protocole de l’Union Africaine sur le droit à une nationalité et l’éradication de l’apatridie, dans tous les aspects de leurs systèmes juridiques, notamment en réformant les lois discriminatoires. »

Lors de la Rencontre multipartite Africaine pour parvenir à l’égalité de genre dans les lois sur la nationalité, tenue à Nairobi en février, les participants, notamment des représentants gouvernementaux, parlementaires et de la société civile du Burundi, d’Eswatini, de Mauritanie, de Somalie et du Togo, ont affirmé leur ferme engagement à mobiliser un soutien en faveur de réformes garantissant aux femmes le droit de transmettre leur nationalité sur un pied d’égalité avec les hommes. La rencontre a abouti à l’élaboration de feuilles de route claires pour une action multipartite visant à obtenir les réformes nécessaires à des lois sur la nationalité égalitaires.

« Les lois sur la nationalité garantissant l’égalité entre les femmes et les hommes ne sont pas seulement la bonne chose à faire — pour assurer une citoyenneté égale aux femmes et aux hommes — elles sont aussi la chose intelligente à faire, afin de soutenir un développement inclusif et durable ainsi que des sociétés sûres et pacifiques. Plusieurs pays Africains dont les lois sur la nationalité comportent des discriminations fondées sur le genre ont déjà démontré leur engagement en faveur de l’égalité des droits en matière de nationalité, notamment à travers des dispositions constitutionnelles consacrant l’égalité. Des réformes sont désormais nécessaires dans ces pays afin d’aligner les lois sur la nationalité avec cet engagement et de concrétiser clairement leur volonté d’assurer l’égalité entre les femmes et les hommes. »
– Catherine Harrington, Directrice de la Campagne mondiale pour l’égalité des droits en matière de nationalité

Les parlements appelés à agir pour mettre fin à la discrimination fondée sur le genre dans les lois sur la nationalité

À l’occasion de la Fête des Mères et de la Journée internationale des familles, nous appelons les gouvernements et les parlements Africains à agir dès maintenant en modifiant les lois discriminatoires sur la nationalité et en ratifiant et intégrant dans leur législation nationale le Protocole de l’Union Africaine sur le droit à une nationalité.

« Nous ne pouvons plus laisser les lois discriminatoires en matière de nationalité condamner des femmes et des hommes, des filles et des garçons de notre continent à l’apatridie et à l’exclusion. Les parlements disposent des outils et de l’opportunité nécessaires pour changer la situation. Ils peuvent contribuer à renforcer une véritable volonté politique. En tant que décideurs, les parlementaires peuvent faire avancer des réformes législatives sur les lois relatives à la nationalité, même dans des contextes complexes et sensibles. Les parlements peuvent être la voix des sans-voix. Ils sont particulièrement bien placés pour écouter, répondre aux idées reçues, dissiper les malentendus et montrer l’exemple. Mettre fin aux inégalités fondées sur le genre exige un changement de société, et les parlementaires peuvent être les moteurs de ce changement. »
– Martin Chungong, Secrétaire général de l’UIP

Les droits égaux des femmes en matière de nationalité protégeront les familles et préviendront l’apatridie

Les mères Africaines et leurs enfants ne peuvent plus attendre : l’égalité des droits en matière de nationalité doit être garantie en droit comme dans la pratique afin de protéger les familles, de garantir une citoyenneté égale aux femmes et de prévenir l’apatridie. Nous réaffirmons notre engagement à faire progresser l’égalité des droits en matière de nationalité à travers l’Afrique et au-delà.

« Les lois discriminatoires ne reposent pas uniquement sur des stéréotypes ; elles renforcent également des rôles stéréotypés pour les femmes comme pour les hommes. Lorsque des lois garantissant l’égalité entre les femmes et les hommes en matière de nationalité sont adoptées, elles créent des effets transformateurs qui changent les sociétés. Notre appel s’adresse aux États membres de l’Union Africaine afin qu’ils abrogent et/ou modifient les lois sexistes sur la nationalité pour garantir que les femmes puissent transmettre leur nationalité, ainsi que tous les droits et avantages qui y sont liés, à leurs enfants et à leurs conjoints sur un pied d’égalité avec les hommes. Nous les appelons également à signer et ratifier le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples sur les aspects spécifiques du droit à une nationalité et l’éradication de l’apatridie en Afrique afin de respecter leurs obligations en matière d’égalité des droits en matière de nationalité. » – Esther Waweru, Directrice associée, Égalité juridique, Equality Now

Fin

Notes aux rédacteurs :

Pour toute demande média, veuillez contacter Catherine Harrington, Directrice de la Campagne mondiale pour l’égalité des droits en matière de nationalité (catherineh@wrcommission.org), ainsi que Michelle Tuva, Responsable régionale de la communication (mtuva@equalitynow.org).

À propos :

La Campagne mondiale pour l’égalité des droits en matière de nationalité est une coalition d’organisations nationales et internationales, d’activistes indépendants et d’agences partenaires des Nations Unies œuvrant à mettre fin à la discrimination fondée sur le genre dans les lois sur la nationalité. Elle est hébergée par la Women’s Refugee Commission.

Equality Now est une organisation internationale de défense des droits humains dédiée à la promotion et à la protection des droits de toutes les femmes et filles à travers le monde. Elle est également membre fondatrice du comité directeur de la Campagne mondiale pour l’égalité des droits en matière de nationalité.

L’Union Interparlementaire (UIP) est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle promeut la gouvernance démocratique, les institutions et les valeurs démocratiques, en travaillant avec les parlements et les parlementaires afin de répondre aux besoins et aux aspirations des peuples. Elle agit notamment dans les domaines de la paix, de la démocratie, des droits humains, de l’égalité des genres, de l’autonomisation des jeunes, de l’action climatique et du développement durable à travers le dialogue politique, la coopération et l’action parlementaire.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, dirige et coordonne l’action internationale visant à protéger les réfugiés et les autres personnes contraintes de fuir les conflits et les persécutions. Il a également pour mandat d’identifier, prévenir et réduire l’apatridie, ainsi que de protéger les personnes apatrides.

ONU Femmes œuvre pour les droits des femmes, l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les femmes et filles. En tant qu’entité principale des Nations Unies dédiée à l’égalité des genres et secrétariat de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, ONU Femmes agit pour transformer les lois, les institutions, les normes sociales et les services afin de réduire les inégalités entre les genres et construire un monde égalitaire pour toutes les femmes et filles. Grâce à des partenariats avec les gouvernements, les mouvements de femmes et le secteur privé, ainsi qu’à sa coordination au sein du système des Nations Unies, ONU Femmes contribue à des changements durables.